"Diplomate voire hypocrite"

Quelques personnes auraient peut-être entr'aperçu chez moi quelques rares et ténues qualités, tandis que je suis certain que la vaste majorité aura nettement perçu mes nombreux et importants défauts : animosité, agressivité et esprit négatif, et pour finir, grande gueule.

Comme conséquences de ce dernier trait de caractère, celui qui me pousse exagérément vers une communication franche, non-masquée et voire brutale, j'ai connu moultes désagréments et retours de manivelle, qui m'ont quand même fait réfléchir, surtout à une époque de force montante dans mon emploi, au sein d'une entreprise où la manipulation et les coups bas pullulaient.

Nous discutions de ce sujet, avec ma précieuse compagne et son père. Ce dernier, comptable dans une société de vente de métaux passablement gérée, a connu les mêmes difficultés, et a dû souvent ravaler sa colère ou grignoter son poing par manque de possibilité d'expression dans son environnement. Il m'a donc transmis un enseignement que j'ai très longuement et sérieusement réfléchi, et qui est le suivant : "IL FAUT ETRE DIPLOMATE, VOIRE HYPOCRITE"

Sachant qu'il fut frappé par un infarctus, je réalisais à quel point il parlait d'une sagesse qu'il a cher payée, et à quel point cet enseignement était précieux et digne d'écoute.

Maintenant que j'y ai réfléchi plus de cinq ans, et que j'ai expérimenté un peu plus ma propre personne, j'en retire ceci : qu'il faut veiller à ne gaspiller ni sa propre santé, ni ses souffles vitaux, et qu'il faut se placer dans la vie de manière à dépendre le moins possible de l'esprit et de la volonté d'autrui.

Plutôt que de s'épuiser à forcer telle ou telle idée, décision ou avis, comme pressé par manque de temps, il vaut mieux prendre son temps pour mieux examiner la situation, bien clarifier ses propres intérêts, tout en renforçant l'intelligence qu'on a de l'entourage et de l'esprit des autres. Alors peut naître une stratégie à plus long terme, prenant appui sur d'autres levier que le gaspillage inutile de ses forces, et en effet se présente alors le moyen habile de la diplomatie, qui rend des résultats bien meilleurs que l'échauffement nerveux. De plus, on gagne ainsi un calme qui va aider à la clarté d'esprit et aux décisions de sagesse.

D'ailleurs, Annie ma soeur Creusoise remarquait justement au cours de son déménagement que plus la fatigue est grande, moins les décisions sont issues de la sagesse, et qu'en voulant forcer les choses on en arrive vite à créer une situation intérieure et extérieure instable, agitée, voire infernale, la fatigue allant toujours en augmentant alors que les éléments de la vie ne s'arrangent pas.

En renonçant ainsi à cette tendance très énergique de vouloir tout dire et être absolument écouté, on retrouve un espace personnel plus calme, on est plus proche de soi-même, et on peut trouver une confiance et une assise intérieure, choses qui vont renforcer l'enracinement de notre être. A partir de cet espace plus serein, on a moins besoin de l'acquiescement des autres, et on peut oeuvrer tranquillement à son propre chemin, alors que la plupart le désapprouveraient, si on venait à l'exposer ouvertement.

Quant à l'hypocrisie, que j'ai certes tenté d'exercer, elle me rebute et je me dégoûte moins-même quand je manifeste cette façon d'être. C'est quelques fois amusant de laisser croire, de laisser les gens à leurs idées on les caressant dans le sens du poil, quand ça ne porte pas à conséquence. Cependant, je ressens cela comme une atteinte à ma propre dignité, comme un refus d'assumer qui je suis, mais aussi comme un manque d'humanité et de respect envers les autres, quelque soient les divergences d'opinion et d'intérêt.

J'adopte donc la meilleure part de cet enseignement de mon beau-père, celle qui est connectée à la sagesse, mais rejette l'autre, celle qui me ferait porter un masque, dussès-je en payer le prix. Mais, ours et ermite de nature, finalement ce prix à payer, je l'accepte volontiers, lorsque je suis jugé exécrable, fou ou malsain par les autres. Plutôt se taire complètement, lorsque les voies de la communication sont complètement bouchées, et oeuvrer dans son coin en essayant d'être malin, ou encore mettre les pieds dans le plat, en restant dans le respect tant que possible, et retourner ensuite à sa paix intéreure sans soucis.

A présent que ma vie mûrit et que mon enracinement se renforce, il est temps de consolider cette décision, et ce ne sera pas sans affecter ce blog, dans lequel je vais aborder quelques thèmes politiques.

Commentaires

1. Le vendredi 16 mars 2007, 16:10 par Jack

Euh...pour répondre au 1er paragraphe, je souhaite préciser que depuis quelques temps nous vivons dans le village avec la peur au ventre, terrés dans nos maisons, l'oeil collé aux persiennes closes, scrutant la route et sa sécurité, suite à la venue de parigos... smi4

2. Le vendredi 16 mars 2007, 16:13 par Jack

Bon sinon pour être plus sérieux, quand j'ai à dire merde, je dis merde. Ca m'est possible car je suis assez individualiste et ce que pensent les autres de moi, ce n'est pas mon problème.
Au sein d'une entreprise, ça c'est un luxe de pouvoir le faire. Mais si tout le monde le faisait?...

3. Le vendredi 16 mars 2007, 17:05 par Tenryu

Vous voyez ? J'ai choisi le bon voisin smi1

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